Auteur/autrice : XT


  • Ode aux soignants de l’Ăąme

    Marcher dans la nuit de l’autre. Marcher dans sa nuit avec l’autre. Porter l’espoir Ă  bout de bras dans les profondeurs. Prodiguer chaleur et soin, sans relĂąche, dans la froideur de la douleur. 

    Soutenir sans faillir, aider sans jamais imposer. Jamais. Trouver la bonne frĂ©quence pour entrer en contact, puis le maintenir. ProtĂ©ger cette flamme fragile qui relie encore le cƓur de celui ou de celle qui souffre au mince fil de l’existence, tĂ©nu mais empli d’espĂ©rance.

    Ne rien attendre. Ni gratitude, ni reconnaissance, ni fleurs, ni honneur. Descendre sans hĂ©siter dans les gouffres de l’ñme oĂč, pourtant, se tapissent les forces ultimes de la vie. Et qui parfois font si peur.

    Tenir, tenir et marcher encore. Aborder la montagne par un versant puis un autre. Retenter un autre passage, un autre sentier, une autre ouverture. Savoir attendre aussi, parfois longtemps. TrĂšs longtemps si c’est ce qui est juste. Les signes le diront. 

    Puis l’eau un jour se remet Ă  couler. Comme un mince filet d’abord. Puis le filet libĂšre un ruisseau qui rebondit en une riviĂšre. Jusqu’à ce que la riviĂšre creuse un lit assez grand pour qu’un fleuve puisse venir s’y dĂ©poser et se dĂ©ployer de tous ses flots dans la mer. 

    Les guĂ©risseurs de l’ñme ne disent rien. Ils n’exigent rien ni ne demandent rien. Ils dansent avec l’eau du cƓur des Femmes et des Hommes pour qu’elle puisse chanter Ă  nouveau.


  • Ode aux blessĂ©s de l’Ăąme

    Peut-ĂȘtre l’as-tu croisĂ©e elle? Peut-ĂȘtre l’as-tu croisĂ© lui? Mais croisĂ© sans un regard, sans une attention, concentrĂ© que tu Ă©tais dans le corridor des nageurs dans lequel tu dois tenir. La compĂ©tition de la vie ne fait pas souvent de cadeau.

    Pourtant, il en aurait fallu du temps pour que vos regards se croisent. Il aurait fallu s’arrĂȘter et la chercher cette personne qui porte en son cƓur une blessure si grande qu’elle essaye de rester invisible aux yeux des autres.

    Rasant les murs, se faufilant comme un chat triste, ne faisant aucun bruit, les blessĂ©s de l’Ăąme tentent de panser des plaies familiales que des gĂ©nĂ©rations avant eux n’ont pas pu affronter. Ou une enfance dĂ©chirĂ©e par la sauvagerie du monde. Ou encore un coup du sort qui a entamĂ© leur joie et leur confiance, comme un coup de hache dans le tronc d’un arbre.

    Il aurait fallu aller jusqu’Ă  elle, cette personne, la poursuivre peut-ĂȘtre mĂȘme, pour qu’elle puisse sentir que tu voulais la Rencontrer, la Comprendre, la Rejoindre.

    Surtout ne pas dĂ©ranger, se dit-elle. Je dois faire le chemin moi-mĂȘme sans l’aide de quiconque. Et puis Ă  quoi bon? Personne ne pourrait me comprendre ni s’intĂ©resser Ă  moi.

    Mais au fait, peut-ĂȘtre est-ce toi en cet instant qui est en lutte avec des blessures que personne ne voit. Et qui dĂ©ambule comme une plume insaisissable au grĂ© du vent. Personne ne te voit, penses-tu. Personne ne veut venir te rencontrer, crois-tu. Alors arrĂȘte-toi un instant et retourne-toi. Regarde lĂ -bas. Un nageur semble avoir dĂ©cidĂ© de lĂącher le rythme de cette vie effrĂ©nĂ©e. Il cherche Ă  reprendre son souffle. Il aspire Ă  la rencontre. À te rencontrer, toi.


  • N’as tu pas oubliĂ©?

    N’as-tu pas oublié  Entre les courses Ă  faire, les factures Ă  payer, l’intendance Ă  gĂ©rer
 EnserrĂ© dans les attentes des uns et des autres, de ta famille, de tes amis, de tes collĂšgues
 Avec tout le temps que tu passes Ă  cultiver la perfection de ton image sur les rĂ©seaux.

    N’as-tu pas oublié  Dans la prison de tes croyances et dans les injonctions de la sociĂ©tĂ©. Dans le report Ă  demain de tout ce qui pourrait un peu trop secouer. Au son des musiques un peu lisses qui t’anesthĂ©sient quand tu dĂ©ambules dans les temples de l’Ă©conomie de marchĂ©.

    N’as-tu pas oublié  Cette passion en toi dont le feu s’est Ă©teint Ă  force d’ignorance. A force de combats que tu as dĂ» mener, pour toi, mais surtout pour les autres. N’as-tu pas oubliĂ© le soleil qui se lĂšve dans ton coeur quand la joie prend son envol et que tu crĂ©es ton propre chemin Ă  chacun de tes pas.

    As-tu oubliĂ©, peut-ĂȘtre, que la vie est une Aventure? Qu’elle est prĂȘte Ă  chanter, hurler, crier, danser – pour toi et avec toi, des torrents de vent dans les voiles. Es-tu prĂȘt Ă  larguer les amarres? La traversĂ©e t’attend.

    Toi.


  • Juste un appel

    J’ai appelĂ© un ami il y a quelques jours. En quittant le boulot, je me sentais perdu, rempli d’émotions contradictoires. Et j’ai succombĂ© Ă  la tentation du coup de fil qui s’empare souvent de moi quand je monte dans ma voiture. Par chance, il a dĂ©crochĂ© du premier coup. Je dois bien confesser que je suis beaucoup moins rĂ©actif : une personne qui m’appelle a une probabilitĂ© non nĂ©gligeable de tomber sur ma messagerie. Je rappelle, toujours, mais parfois il me faut du temps 😊

    AprĂšs avoir pris quelques nouvelles l’un de l’autre, je lui ai dit que j’avais besoin de son aide. Bien qu’une grande confiance existe entre nous, j’avais peur de me sentir jugĂ©. Pourquoi ne parvenais-je pas Ă  trouver moi-mĂȘme la solution Ă  mon problĂšme, avec mes propres outils ? Tout ce que je savais, c’était que je me sentais bloquĂ© et que je ne voyais plus quelle direction emprunter.

    Notre conversation a durĂ© une vingtaine de minutes. De sa part, une grande Ă©coute, des questions, de l’intĂ©rĂȘt, de la saine confrontation, une prise de recul, des demandes de prĂ©cisions… Un ballet de mots qui m’a permis de me dĂ©poser en sĂ©curitĂ© et d’avancer Ă  tĂątons dans mon obscuritĂ© intĂ©rieure. Il m’a finalement suggĂ©rĂ© de dessiner ma situation, en reprĂ©sentant ma vie telle que je la voyais aujourd’hui et telle que je voudrais qu’elle soit. « Toi, il vaut mieux que tu dessines, car si tu te mets Ă  rĂ©flĂ©chir tu vas trop ruminer. » TouchĂ© 😉 Nous avons encore partagĂ© quelques rĂ©flexions et idĂ©es avant de nous quitter.

    J’ai continuĂ© ma route dans le silence de la soirĂ©e et dans les volutes de mes pensĂ©es. Mon problĂšme n’était pas rĂ©glĂ© et j’avais toujours plein de questions. Je n’avais pas de solution, mais l’écoute, une autre perspective, le partage et la proposition concrĂšte pour sortir de l’orniĂšre avaient rouvert mon horizon.

    Et ma route s’est poursuivie dans la nuit tombante avec deux Ă©toiles naissantes : la chance et la gratitude d’avoir un ami.




  • At the end of the world

    There is a new beginning.


  • Bridge healers

    One wound at a time.



  • Lights playing

    In the sky or in the streets, lights always play their beat.