Marcher dans la nuit de lâautre. Marcher dans sa nuit avec lâautre. Porter lâespoir Ă bout de bras dans les profondeurs. Prodiguer chaleur et soin, sans relĂąche, dans la froideur de la douleur.
Soutenir sans faillir, aider sans jamais imposer. Jamais. Trouver la bonne frĂ©quence pour entrer en contact, puis le maintenir. ProtĂ©ger cette flamme fragile qui relie encore le cĆur de celui ou de celle qui souffre au mince fil de lâexistence, tĂ©nu mais empli dâespĂ©rance.
Ne rien attendre. Ni gratitude, ni reconnaissance, ni fleurs, ni honneur. Descendre sans hĂ©siter dans les gouffres de lâĂąme oĂč, pourtant, se tapissent les forces ultimes de la vie. Et qui parfois font si peur.
Tenir, tenir et marcher encore. Aborder la montagne par un versant puis un autre. Retenter un autre passage, un autre sentier, une autre ouverture. Savoir attendre aussi, parfois longtemps. TrĂšs longtemps si câest ce qui est juste. Les signes le diront.
Puis lâeau un jour se remet Ă couler. Comme un mince filet dâabord. Puis le filet libĂšre un ruisseau qui rebondit en une riviĂšre. JusquâĂ ce que la riviĂšre creuse un lit assez grand pour quâun fleuve puisse venir sây dĂ©poser et se dĂ©ployer de tous ses flots dans la mer.
Les guĂ©risseurs de lâĂąme ne disent rien. Ils nâexigent rien ni ne demandent rien. Ils dansent avec lâeau du cĆur des Femmes et des Hommes pour quâelle puisse chanter Ă nouveau.















