Tu peux brûler les cendres du temps. Tu peux brûler les cendres du passé.
L’amertume des regrets.
L’acidité des remords.
La salinité des reproches que tu te fais à toi-même.
Aucune cendre ne s’emporte dans la poussière du bout du chemin. Alors brûle les cendres, brûle-les jusqu’à calciner leur essence, jusqu’à noircir leur cœur.
Brûle, brûle, brûle-les longtemps de toutes tes forces. Scories et fournaise, forge et marteau, feu et chalumeau, brûle-les jusqu’à l’os. Brûle-les jusqu’à plus soif. Brûle-les jusqu’à pleurer toi-même des larmes de feu.
Brûle les cendres du passé jusqu’à ce qu’elles blanchissent, comme du sable qu’on aurait purifié jusqu’au moindre grain. Brûle-les jusqu’à ce que les atomes de ton passé ne puissent rien faire d’autre que transmuter.
Alors, seulement alors, la braise intérieure pourra rougeoyer à nouveau, et faire rayonner ton existence en s’ouvrant à demain.