Jâai appelĂ© un ami il y a quelques jours. En quittant le boulot, je me sentais perdu, rempli dâĂ©motions contradictoires. Et jâai succombĂ© Ă la tentation du coup de fil qui sâempare souvent de moi quand je monte dans ma voiture. Par chance, il a dĂ©crochĂ© du premier coup. Je dois bien confesser que je suis beaucoup moins rĂ©actif : une personne qui mâappelle a une probabilitĂ© non nĂ©gligeable de tomber sur ma messagerie. Je rappelle, toujours, mais parfois il me faut du temps đ
AprĂšs avoir pris quelques nouvelles lâun de lâautre, je lui ai dit que jâavais besoin de son aide. Bien quâune grande confiance existe entre nous, jâavais peur de me sentir jugĂ©. Pourquoi ne parvenais-je pas Ă trouver moi-mĂȘme la solution Ă mon problĂšme, avec mes propres outils ? Tout ce que je savais, câĂ©tait que je me sentais bloquĂ© et que je ne voyais plus quelle direction emprunter.
Notre conversation a durĂ© une vingtaine de minutes. De sa part, une grande Ă©coute, des questions, de lâintĂ©rĂȘt, de la saine confrontation, une prise de recul, des demandes de prĂ©cisions… Un ballet de mots qui mâa permis de me dĂ©poser en sĂ©curitĂ© et dâavancer Ă tĂątons dans mon obscuritĂ© intĂ©rieure. Il mâa finalement suggĂ©rĂ© de dessiner ma situation, en reprĂ©sentant ma vie telle que je la voyais aujourdâhui et telle que je voudrais quâelle soit. « Toi, il vaut mieux que tu dessines, car si tu te mets Ă rĂ©flĂ©chir tu vas trop ruminer. » TouchĂ© đ Nous avons encore partagĂ© quelques rĂ©flexions et idĂ©es avant de nous quitter.
Jâai continuĂ© ma route dans le silence de la soirĂ©e et dans les volutes de mes pensĂ©es. Mon problĂšme nâĂ©tait pas rĂ©glĂ© et j’avais toujours plein de questions. Je n’avais pas de solution, mais lâĂ©coute, une autre perspective, le partage et la proposition concrĂšte pour sortir de lâorniĂšre avaient rouvert mon horizon.
Et ma route s’est poursuivie dans la nuit tombante avec deux Ă©toiles naissantes : la chance et la gratitude d’avoir un ami.